Des idées dans les murs

D.E. Wirtz-Habermeyer - Dernières Nouvelles d'Alsace - N°247 Dimanche 21 octobre 2007


Dernière touche à ce gros chantier dont les études de programmation avaient débuté il y a six ans : les deux citations de Malraux qui courent sur la façade, notamment «les idées ne sont pas faites pour être pensées, mais être vécues». Et cette opération menée par le conseil général en est une belle illustration.

Après l'historique rappelé par le principal Charles Schmitt et les explications techniques des deux architectes Vincent Lieutier et Thierry Aubry, le président du conseil général Philippe Richert et les personnalités ont coupé le ruban, sous le préau en forme de boomerang. Réunis dans l'autre cour, ils ont applaudi des jeunes de la section théâtre qui ont chanté et mis en scène la transformation de leur établissement et les cogitations des architectes qui, selon eux, ont abouti à cette version «baba cool conceptuelle».

Le public a visité ensuite le centre de documentation et d'information, a admiré un professeur de mathématiques faisant travailler ses élèves sur un tableau interactif avant de rejoindre le restaurant scolaire pour les discours. Le moment pour Claude Graebling, maire de La Wantzenau, de rendre hommage à «la démarche volontariste» du conseil général et à cet investissement de 8.7 M€. Fruit de l'intercommunalité avec Gambsheim et Kilstett, ce collège s'était ouvert en 1970. Bernard Schreiner, conseiller général de Brumath a souligné «la volonté d'agir et d'aboutir afin de donner aux jeunes un outil pour préparer leur avenir».

Pour le député François Loos, voici à présent un collège «qui respire le beau, le bon et le vrai», le vrai pour la sûreté des connaissances, le beau pour l'architecture réus-sie et le bon pour la qualité des relations humaines. Et d'exhorter les adolescents à ne pas seulement être des héritiers d'expériences, mais d'avoir «un esprit de conquête», comme le dit l'auteur de La Condition humaine: «la culture ne s'hérite pas, elle se conquiert».

Le recteur Gérald Chaix a pointé l'enjeu des effectifs quant la création d'une filière bilingue pour faire suite à l'enseignement du primaire et les efforts d'orientation à mener, alors que les redoublements sont de 10 % en 4 «Il faut se donner des ambitions fortes», ajoutait Philippe Richert qui a félicité les deux architectes, avec moins de 1 000€ de ratio pour cette restructuration de 3 600 m2 et les 4 000 m2 neufs. Lui qui était principal adjoint de 87 à 92 a retrouvé avec plaisir cet établissement, «véritable creuset d'une communauté de vie et d'ambitions». De quoi «être optimiste pour le futur».