LA SALLE CONCORDIA DE DAUENDORF

Article paru dans Les Journées de l'Architecture

Polystyrène septembre 2002


En janvier 2001, la commune de Dauendorf se met sur son 31 pour inaugurer l'extension de la salle Concordia par la fête annuelle des personnes âgées.Trop impatient pour attendre la réception des travaux, Jean-Claude Wagner, le maire de la commune, déroule le tapis rouge et ouvre les portes sur une salle en attente de finitions. Pourtant, il n'a pas toujours brûlé les étapes. L'histoire du projet commence dans la salle du conseil, où il réussit à convaincre ses administrés de conserver la salle construite bénévolement vingt ans plus tôt par l'Harmonie Concordiale de Dauendorf et d'y rattacher une extension, plutôt que d'imaginer une salle polyvalente en périphérie de la commune. Même si l'architecture n'est pas exceptionnelle, elle est le cadeau des « musiciens-maçons » de l'époque pour le bien-être de la commune, et « on se doit de la garder », explique-t-il.

Pour ce projet de bâtiment public, Jean-Claude Wagner veut prendre le risque d'un projet fort. Il ne se satisfera pas d'une réponse conciliante, il veut surprendre. Le choix se porte sur Vincent Lieutier et Thierry Aubry qui justement veulent surprendre. Peu emballé par les références qu'il a pu voir dans la région, il laisse carte blanche aux jeunes architectes. « Ils ne sont pas prisonniers d'un style, leur but est d'expérimenter au maximum ».

A partir de là, le temps n'est plus compté, les réunions se terminent tôt le matin avec maquettes d'étude, et croquis.

Le chantier démarre. Le maire s'y rend chaque jour, week-end compris, « pour empêcher les dégradations » ; chaque jour il imagine l'étape suivante et admire le béton brut, le carrelage rouge vif, la tôle déployée au plafond en pensant aux réunions musclées du conseil municipal consacrées au choix des matériaux. Ce soir de janvier 2001, avec tapis rouge, inox au bar et néons sous la casquette, le maire ouvre les portes et le bal avec les anciens musiciens de l'Harmonie Concordiale de Dauendorf.